L'histoire de Maison Touzot

Maison Touzot - Hélène Bernard


Maison Touzot  résulte de mon coup de foudre avec la céramique et la matière terre ou le grès.

Je  travaille dans le milieu de la mode à l’organisation de ventes privées de créateurs pendant plusieurs années
Puis vient le besoin, il y a une dizaine d’années  de renouer avec quelque chose de créatif et manuel
En cours du soir pendant trois ans, je m’initie à cet art ancestral aux possibilités illimitées

C’est le coup de foudre absolu…Celui qui provoque des changements…

Je vends ma société et m’installe dans un atelier…d’abord partagé, puis seule…
Je crée toujours des pièces uniques, un peu d’utilitaire, certes, bols assiettes vases etc… mais aussi et surtout des pièces plus importantes ,statues, véritables broderies sur terre

La série des “Hommes Feuilles” , vases totems en grès et émail blanc est un travail inspiré d’une exposition magnifique des photos de Hans Silvester sur les “enfants fleurs” et leurs peintures corporelles dans la vallée de l’Omo.

De l’âge de huit ans jusqu’à la quarantaine, les membres d’une dizaine de tribus se peignent le corps et les cheveux d’un rien, une poignée de terre, un mélange de beurre liquide et d’ocre, de la poussière, de la  bouse de leurs vaches à longues cornes ou des cendres anthracites de leur feu de camp. Une feuille d’arbuste, des plumes de roseau blanc, une grappe de baies jaunes, un bout de calebasse brisée, tout devient art et parure

 

A l'atelier, l'élaboration des pièces ...

Le travail de la terre

J’utilise une terre glaise naturelle

Après malaxage, la terre sera tournée ou modelée : la bonne consistance de la terre pour l’un ou l’autre façonnage est très importante. Pour acquérir « la bonne consistance », je mélange par malaxage des terres de consistances différentes

Le malaxage sert toujours à rendre la terre homogène et à en éliminer les bulles d’air, jamais à la ramollir.

Les étapes de préparation de la terre, malaxage et préparation des boules pour le tournage, sont les plus longues ( et physiques !). Ensuite vient le tournage, qui est la partie qui demande le plus de technique et de métier ou le façonnage

Puis le tournassage qui est le façonnage du dessous de la pièce

Le séchage

Une fois les pièces modelées, il faut les faire sécher. Le séchage doit être lent et progressif ,de quelques jours à deux ,trois semaines suivant la taille des pièces.

De ce séchage dépend la qualité de la pièce fabriquée, il est toujours délicat

Un séchage trop rapide ou irrégulier provoque aux étapes suivantes des fissures qui sont irrécupérables

La première cuisson

Lorsque les pièces sont sèches, il faut les cuire une première fois. On applique le terme de dégourdi à la première cuisson de grès. Le terme biscuit s’emploie plutôt pour la faïence et la porcelaine. Cependant, de nos jours, la plupart des potiers parlent de « biscuit » pour tous les genres de céramique.

Le four monte à 950 °C en 10 à 12 heures suivant la charge. Pour cette première cuisson les pièces sont empilées, mais pas sur toute la hauteur. Des étagères faites de plaques réfractaires reposant sur des piliers eux aussi en matériaux réfractaires, supportent les poteries entassées. Cette première cuisson doit être lente jusqu’à 600 °C, avant tout pour que l’eau de constitution de la terre puisse s’évaporer lentement. À 573 °C se produit la transformation du quartz  en cristobalite  et il ne doit pas y avoir de choc thermique, donc pas de brusque montée en température.

L’émaillage

J’élabore moi même mes émaux. Leur formule est issue d’une longue et patiente recherche et de nombreux essais afin d’obtenir le rendu désiré

Certains céramistes consacrent une vie entière à la recherche d’émaux

Le principal constituant des émaux de haute température (ceux qui vont subir une chaleur d’au moins 1200–1250 °C) est le feldspath. Le plus simple de ces émaux peut d’ailleurs être seulement constitué de feldspath et de cendres de bois ou de végétaux.

Les minéraux constituant les émaux plus complexes sont le feldspath, la chaux, la silice[, le talc, le kaolin, les cendres végétales. Réduits en poudre ils ont l’aspect de farine de blé. Mélangés à de l’eau suivant des proportions bien définies, ces émaux ont l’apparence d’une pâte à crêpes s’ils ne contiennent pas de colorants. Ces colorants sont des oxydes métalliques, qui, mélangés aux minéraux, apportent les couleurs. Il peut s’agir d’oxyde de cobalt, ou de fer, de manganèse, etc., suivant des proportions bien précises.

Après refroidissement les pièces sont émaillées par trempage ou à la louche. Les grès ne sont pas émaillés sous le pied comme les faïences car la terre est partiellement vitrifiée, ce qui n’est pas le cas du tesson de faïence qui reste toujours poreux et que l’on doit totalement émailler .

La seconde cuisson

Les biscuits sont cuits de nouveau en 12 à 15 heures, suivant la charge du four, pour atteindre 1300 °C. Les minéraux de l’émail vont former un silicate sous l’effet de la chaleur. L’émail consiste donc après la cuisson en une mince couche de verre, qu’il soit mat ou brillant.

Vient ensuite le refroidissement avec toutefois en fin de cuisson un palier d’une demi-heure pour laisser s’épanouir les émaux.

Toutes les étapes sont délicates et la moindre erreur se paie cher!

Etre céramiste c’est parfois accepter  l’échec et en tirer parti pour apprendre et rebondir ,et parfois obtenir un résultat  qui dépasse nos espérances.En tout cas toujours évoluer